
Cette sixième semaine de l'année a projeté mes sentiments sur des montagnes russes. Des descentes et des montées, des pleurs de tristesse et de joie. En 7 jours, j'ai cotoyés ténèbres et nuages.
Tout a commencé par les ténèbres avec le décès de mon grand-père. Et même si elles auraient pu s'avérer plus noires, elles restent sombres. Les conflits se sont faits discrets, la tristesse a été raisonnée par l'évidente déchéance de vie. Comme une dernière colère du grand-père, des grêlons sont venus cingler nos visages au moment de la descente du cercueil.
Les nuages renvenaient 3 jours plus tard, le dimanche. Un ouragan s'est abattu près de Cherbourg sur une bande de 500m sur 3km. La maison du grand-père était dans cette bande et quelques dégâts sont donc à déplorer. Le toit de la verranda dans laquelle mon grand-père passait 100% de son temps éveillé s'est envolé pour exploser la verranda du voisin. Dans le jardin se sont éparpillés les restes du garage en tôle d'un autre voisin. Une partie du muret de l'entrée est venu fracturer la porte d'entrée. De nombreuses tuiles envolées laissent l'eau s'infiltrer dans toute la maison depuis maintenant une vingtaine de jours. Finalement, heureusement que mon grand-père était décédé, car si par hasard il avait survécu aux morceaux de tôles qui sont venus se planter dans la verranda, il n'aurait pas supporté voir la maison qu'il a bâti de ses mains avec son père détruite ainsi.
Le temps, encore lui, a amené la grippe à mes parents, les envoyant dans des états que je n'ai pas souvent vu. La grippe également pour un de mes neveu, brièvement hospitalisé parce qu'il était devenu violet.
Beaucoup de négatif, mais il y a eu aussi, ce samedi et ce dimanche en amoureux au futuroscope, perdant dans la virtualité les soucis du quotidiens.
Et surtout, surtout, il y a eu ce
vendredi...
par ma2thieu
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A cette heure, j'ai peur et j'ai envie de crier.C'est différent de ce début de semaine où ce furent les larmes qui étaient d'actualité. Mais après tout, on essaye de se faire une raison. Quand on ne voit plus, on n'entend plus, on ne marche plus depuis des mois, Il ne reste guère que peu de sens pour se raccrocher au sens de la vie. Alors, quand les médecins décrètent d'installer une poche pour nourir uniquement à travers un mélange d'eau et de glucose, quand on perd le goût, que reste-t-il? Même si le cerveau est toujours pleinement actif, comment apprécier la vie?
Comment se battre pour elle?Non, aujourd'hui, j'ai
peur. Peur demain, de devoir me confronter à la souffrance de mon père. Même s'il semble relativement bien réagir, je sais la sensibilité qu'il possède et les difficultés qu'il doit éprouver à accepter.
Peur aussi de voir la mort en face. J'ai toujours refuser de voir les personnes sur un leur lit de mort. Je n'aime pas l'idée de devoir garder cette image en moi, comme un traumatisme alors que celles que j'ai jusqu'à présent sont des images de vie. Parfois de souffrance, certes, mais de vie. Demain, je serai certainement le seul de sa descendance à ne pas aller le voir avant qu'on ne l'enferme. Le seul à ne pas lui dire un "dernier au-revoir", mais c'est plus fort que moi. Je n'ai pas besoin de voir une pierre tombale pour penser à quelqu'un, je n'ai pas besoin de voir le corps raide pour réaliser.
Que ferai-je demain? Je ne sais pas.
Et j'ai
envie de crier contre la bétise humaine. Celle qui fait, que même dans cette période difficile, un frère critique l'autre. Les différends familiaux n'ont-ils pas de trève? C'est ce que je crains le plus pour mon père. Le lien familial qui se rompt avec la descente du cerceuil dans le tombeau.
Vivement demain soir.
Vivement vendredi pour que le bonheur renaisse dans cette semaine qu'il y a trois jours encore, j'attendais tant...
par ma2thieu
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