Vous connaissez ce moment, souvent très court, où nous ne sommes ni réveillé, ni endormi. Ce

court intervalle où on nage
de la conscience à l'inconscience. J'adore ce moment-là.
Quand j'étais petit, je montais me coucher dans ma chambre, mais je laissais toujours la porte ouverte. Au moment où j'arrêtais de lire, j'aimais voir la lumière de l'étage inférieur, entendre mes parents discuter ou juste la télé. Le rythme de la vie m'accompagnait dans les songes. Les meilleurs moments, c'était quand mes parents recevaient du monde à manger. Là, de ma chambre, au fond de mon lit, j'écoutais leurs conversations, je participais à leur débat et je laissais mon imagination divaguer.
Par contre, je detestais la nuit. Il me fallait ma petite lumière pour faire fuir les monstres cachés sous mon lit. Mes soeurs se moquaient de moi, le garçon, qui avait besoin pour s'endormir de cette
lueur de vie qu'elle provienne de ma lampe de chevet ou du bruit de mes parents en bas. Oui, j'avais besoin d'être rassuré. Un psychologue pourrait certainement donner des tas d'explications à cela. Mais finalement, je ne pense pas que j'étais le seul dans ce cas là.
Plus tard,
adolescent, je contrôlais l'endormissement pour
rêver ma vie. Plutôt introverti, c'était le moment pour moi de faire tout ce que je ne faisais pas dans la vraie vie. Celle dont je rêvais à l'époque (E.) y prenait souvent une place prépondérante. Combien de fois l'ai-je sauvée des flammes? Combien de fois lui ai-je évité de se faire renverser par une voiture? A chaque fois, je mettais ma vie en péril pour qu'elle soit heureuse et qu'elle vive. Des fois, je mourrais à sa place, plus souvent, j'étais grièvement blessé. Et je devenais son héros, vous savez celui que la jolie fille embrasse à la fin du film? Et bien c'était moi, et la jolie fille c'était E. Juste avant de m'endormir, j'étais un héros et j'étais aimé par celle que j'aimais! Au réveil, j'étais un ado célibataire.
Systématiquement, à cette époque, je m'endormais comme ça, avec ma vie rêvée.
Adulte, j'ai un peu perdu cette faculté de rêve. Souvent je m'endors avec ce que j'ai fait dans la journée. Je cogite sur mes
problèmes et mes
petits plaisirs. Je cherche un article pour le blog! :) Mais je suis paisible, aimé par celle que j'aime et qui est à côté de moi. J'apprécie toujours autant cette perte de conscience qu'est l'endormissement.
Et vous, vous endormez comment?
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