Pre-Scriptum: Les précédents articles de Laflote et de Mirabelle, entre autres, m'ont décidé à écrire un article sur la mort.Je ne sais pas si j'ai été plus confrontés que d'autres à la mort. Je ne le pense pas. J'ai eu diverses expériences qui ont traversé ma vie. Je crois qu'elles m'ont d'ailleurs fortement
influencé en me faisant grandir (trop?) vite.
Cela a commencé à ma naissance avec cette perte de
mon jumeau. Je ne m'en souviens pas. Cela ne m'a jamais empéché de vivre. Mais c'est une réalité,
ancrée au fond de moi.
Puis, au cours de mon enfance et mon adolescence, j'ai perdu des copains. Le premier, je m'en souviens, c'était un copain qui faisait du judo avec moi, le fils d'un collègue de mon père. Sa vie s'est arrêtée lors d'un
accident de la route avec ses grands-parents. Une vie si courte, d'à peine dix années.
Arrivé au collège, un autre s'est
suicidé. Enfin, le pire pour lui est qu'il ne soit pas mort sur le coup. Il a essayé de se pendre, son père l'a dépendu alors qu'il était encore vivant. Il est décédé sur le chemin de l'hôpital. Je me souviens du choc à l'école et de l'incroyable silence qui régnait dans la cours pendant la récré. Je me souviens aussi de ce silence, dans l'église. Un silence fendu par les hurlements du père et de la mère, séparés dans la vie, unis dans la douleur. Ces cris m'ont souvent hanté. Tout comme le fait de passer devant la maison où il s'était pendu. En plein centre ville, je passais les yeux rivés sur mes chaussures à les empécher d'apercevoir par la fenêtre, la corde qui, j'en étais persuadé, pendait au milieu de la chambre.
Ce fut ensuite le cas d'une fille, une connaissance, la cousine d'une amie. Elle avait reçu un
scooter à Noël. Tout début janvier, je l'avais croisée et dis bonjour au bowling où j'allais de manière exceptionnelle. Deux jours après, un coup de frein, elle s'arrête, mais n'ayant pas encore la maîtrise de son véhicule, elle touche le pare-choc de la voiture devant elle et s'étale sur le côté. Un camion est passé. Ses copains qui l'accompagnaient ont été sonner à la première maison, d'où la personne a accourue sur le lieu de l'accident. C'était la maison de ses parents. A l'enterrement, ils ont passé une chanson des East 17, boys band qui faisait fureur à l'époque et son groupe préféré. Cela a été l'effondrement général de tous les jeunes présents à la cérémonie. Je n'ai jamais pu réécouter ce groupe, ni même entrer dans un bowling sans penser à elle.
J'ai connu d'autres décès, plus
"habituels" avec celui de mon oncle (trop jeune) et de trois de mes grands-parents.
Je pense souvent à la mort. Et j'estime que j'ai beaucoup de chance. Les gens qui me sont les plus proches sont encore là, à côté de moi. Dans quel état errerais-je si c'était le cas?
Je me pose souvent des questions, et pourtant je crois profondément à la vie. Ma tante et
Manou sont des exemples incarnés de cette
croyance.
J'ai du mal à conclure cet article. Je suis mélangé entre souvenirs et avenir. Je suis désolé d'avoir écrit cet article un peu trop personnel. Une part noire de ma vie pourtant génératrice d'espoir. C'est difficile à raconter...
Désolé.
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