Jeudi 22 juin 2006
Matthieu, en hébreu, cela signifie "Don de Dieu". Ok, ça n'a aucun rapport avec ce que je vais dire mais si vous voulez épater l'un de vos copains qui s'appelle Matthieu, n'hésitez pas! :D

A chaque jour sa fête. Qu'elle soit des mères, des pères, des amoureux, des secrétaires, contre le SIDA, des chevaux, des carottes volantes ou des tables en merisier. Chaque jour à sa journée spéciale. Aujourd'hui, 22 juin, c'est la journée du don d'organe.

Il y a de cela une année environ, je me suis inscrit sur la liste de donneurs d'organes. Cela faisait déjà plusieurs mois que j'y réfléchissais mais la décision ne fut pas facile à prendre. Car le faire, c'est admettre qu'on va mourir. Quoiqu'on en dise, à une vingtaine d'années, ce n'est pas le genre de préoccupation qu'on a tous les jours en tête. Et puis, accepter, c'est aussi autoriser à ce qu'on nous prélève des choses après la mort. Dans l'idée, c'est assez spécial à imaginer non?

Et puis, j'ai vu une émission ou une publicité quelque part. Je ne sais plus où exactement. Et c'est à partir de ce moment que je me suis dit qu'il fallait le faire. Qu'il ne fallait pas attendre sous peine de le faire trop tard. Alors, direction Internet et me voilà en train de rentrer mon nom et mes coordonnées pour obtenir ma carte.

Cette carte, elle est dans mon porte-feuille, toujours sur moi. Mais l'opération ne s'arrête pas là. Il faut ensuite l'annoncer à ses proches. Et là, c'est encore pire que de l'annoncer à soi-même. Je n'osais pas et j'ai souvent espéré qu'ils voient d'eux-même la carte que je portais. Mais non, ce n'est pas possible d'agir comme ça. Peut-être mettraient-ils plusieurs mois, des années avant de fouiller dans mon porte-feuille. Et pendant ce laps de temps, beaucoup de choses pouvaient arriver. Je pouvais mourir, être enterré avec mes organes tout propres, tout frais. Alors, je devais le dire.
Mes parents ont réagi logiquement, me rétorquant que de toutes façons, ils se doutaient que j'aurais pris ce choix. Et si un quelconque chirurgien venait leur demander si on pouvait prélever mes organes, ils auraient accepté. Cette discussion n'a duré que quelques secondes, quatre ou cinq phrases au plus. Mais maintenant ils sont au courant.
Ma copine, elle a réagi autrement. Elle m'a dit qu'elle ne voulait pas parler de ça et s'est mise à pleurer. Je comprends tout à fait sa réaction, moi-même, j'aurais certainement eu la même à sa place si je n'avais pas réfléchi à ce don avant. Mais elle aussi, maintenant, elle sait ce qu'il faudra dire si je décède à côté d'elle.

J'ai l'impression qu'on ne peut convaincre personne de faire don de ces organes. C'est une décision vraiment personnelle qui nous met face à notre propre mort. Cette réflexion sur soi, personne ne peut l'influencer. Je comprends tout à fait ceux qui ne veulent pas donner, clamant leur droit à la paix une fois que celle-ci est trouvée. Ce qu'il faudrait, dans l'idéal, c'est que tous réfléchissent à cette probabilité, afin que des proches n'aient pas à prendre cette décision dans des moments douloureux.
par ma2thieu publié dans : M'est d'avis que...
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