Vendredi 21 juillet 2006
La colocation est en vogue. De nombreuses petites annonces fleurissent au printemps dans le but de partager un appartement à la rentrée. Ce n'est rien d'autre qu'une conséquence logique au prix prohibitifs des loyers. La colocation est même devenu un marché et des sites spécialisés naissent sur la toile.

J'ai été en colocation pendant mes deux années de maths sup/spé. La décision a été prise très rapidement. Guillaume (c'est son prénom) avait peur d'être envoyé des logements tenus par des religieux et  trouva comme autres alternatives la colocation. Il m'a demandé, j'ai accepté. En 24 heures, le temps d'avoir l'accord des parents respectifs, et l'affaire était close.

Alors, bien sûr, dans l'optimisme post-bâchelier, je n'avais envisagé les possibles difficultés. Car la colocation peut tout aussi bien être une grande réussite, qu'un échec et si, c'est le cas, c'est un véritable enfer à vivre tous les jours.

Mais non, pour moi, cela a été:
- Des frais bien moindres. Avec un grand appartement F3 pour un loyer modéré par sa division (des amis vivaient dans des apparts riquiquis pour des loyers plus élevés). Ceci nous permettait d'avoir une chambre chacun et un salon pour recevoir les amis!
- La rencontre avec des amis. Nous étions dans prépas séparées. Dans la mienne, l'ambiance n'était pas bonne. Dans la sienne, elle était excellente! J'ai pu découvrir des personnes comme Julie et Charles ou Manou et Fabien.
- Des discussions interminables tout simplement sur nos journées ou sur des sujets bien plus philosophiques (les filles, le célibat... :D). Du frisbee, des parties de foot mémorables dans le couloir entre nos chambres (1m sur 2m) avec ma spécialité: l'explosion de l'ampoule centrale.
- De l'entraide pour le travail, des citations de grands auteurs fixées au plafond de notre salon, des cours de philo et d'anglais collées sur les murs des toilettes.
- Et tellement d'autres choses...

Ce qui est certain, c'est que je n'aurai pas réussi ma prépa sans cette forme de logement. Nous étions très complémentaires et très différents: moi trop travailleur et lui assez fainéant. Je le poussais à travailler, il me forçait à me décontracter. Sans lui, j'aurais certainement cédé sous la pression de la maths sup. J'aurais craqué et je crois que j'aurais eu du mal à supporter l'ambiance délétère que je ressentais en allant en cours.

Cette expérience a été très réussie. Et me retrouver seul dans mon appartement par la suite (Guillaume est parti sur Paris) a été très dur.

Vous avez été tenté par la colocation?
par ma2thieu publié dans : Sentiments
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Mardi 28 mars 2006
Oui, ne vous trompez pas en lisant les quelques lignes qui suivent. Ceci est bien un message d'espoir.

Ils s'appellent Manou et Fabien. Ce sont de très bons copains que j'ai connus par Guillaume, mon ex-collocataire et un de mes meilleurs amis. Manou est sa cousine et Fabien, un de ses meilleurs amis. Vous me suivez toujours là?

Manou est malade, elle a une tumeur au cerveau depuis des années. Mais elle se bat toujours contre cette maladie, elle a poursuivi ses études d'infirmières.
Manou a 25 ans. Mais elle possède cette force et ce courage si particuliers qu'ont les personnes malades. Cette envie de vie. Cet espoir. Dès ma première rencontre avec elle, j'étais impressionné par cette joie. Je défie quiconque de déceler en elle cette tumeur, qui ferait tomber plus d'un dans des réflexions dépressives.
L'été dernier, Manou et Fabien se sont mariés. Ils sont heureux.

Après une enième opération du cerveau en fin d'année dernière, Manou n'arrive plus à remonter la pente. Elle est malade. De plus en plus. Les dernières nouvelles que j'ai eues par Guillaume sont claires. C'est la fin. C'est dur, mais on savait que ca se terminerait comme ça.
Manou est mourante. A brève ou moyenne échéance selon sa famille. Fabien est là, le plus souvent à ses côtés pour la faire sourire. Il s'occupe admirablement d'elle.

Pour moi, l'annonce de l'état de Manou a été dur. Je ne suis pas de sa famille, je ne suis qu'un copain. Et pourtant, cela m'a énormément touché. J'ai déjà perdu des copains/connaisances pdans ma jeunesse, mais je n'ai jamais été touché comme ça.
Alors, la première réaction est idiote: Pourquoi eux? Pourquoi des personnes aussi gentilles? C'est bête de penser ça, si la mort faisait une selection de ses élus, on le saurait.
Puis vient la réaction: Et si c'était moi? Si la mort me touchait, là, maintenant, qu'est-ce que j'éprouverais? Très vite, on en vient à se demander si on profite assez de la vie. Et là, j'ai envie d'y croire, de mordre la vie à pleines dents.
Il faut que je dise à ma copine que je l'aime, que je lui montre tout ce que je peux faire pour elle et combien je crois en nous. Depuis quand n'ai-je pas consacré un peu plus de temps à ma famille? A mes amis? Et Laurent, il faut vraiment que je lui écrive à lui, ça fait des semaines qu'il attend de mes nouvelles. J'ai plein de choses à faire... Si je mourais demain...

Manou et Fabien sont de ces héros ordinaires que j'admire vraiment. Je sais qu'il y a très peu de chances que vous lisiez ce message. Mais je veux vous dire que je pense très fort à vous, que votre force de vie sera toujours pour moi un exemple.
par ma2thieu publié dans : Sentiments
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Mardi 21 mars 2006
Le choc! Ce matin, en regardant mes mails, je retrouve encore un SPAM de Copain d'avant. Vous connaissez peut-être ce site sur lequel on peut s'enregistrer, mettre son parcours scolaire et professionnel et essayer de retrouver d'anciens compagnons de classe et collègues. Donc, ce matin, je reçois ce petit mail me disant qu'il y a deux nouveaux inscrits dans les écoles que j'ai fréquenté! Saperlipopette! Je vais voir son parcours et... Je vois des photos de classe de cette école dont une sur laquelle je suis! Arg...

La tête que j'ai! Qu'est-ce que j'ai pu changer! Incroyable! J'ai même un peu honte...

Mais ensuite, j'ai regardé les têtes de mes camarades de seconde. Des tas de souvenirs se bousculent: des places dans la classe, des voisins, des profs, de mes émois... Et voilà, contrairement à hier, un brin de nostalgie m'envahit...

Puis deuxième sentiment, combien de personnes suis-je capable de reconnaitre? Pas tant que ça. Et seulement deux personnes que je croise régulièrement (au moins une fois dans l'année) par hasard et avec qui je parle... Et pourtant certaines personnes présentent sur cette photo ont comptés énormément pour moi et ont fait de moi ce que je suis...

Le constat est clair...


PS: Vous ne voyez rien sur la photo? C'est fait exprès!
PS2: Vous aurez certainement un autre message dans la journée, soyez attentifs! :p
par ma2thieu publié dans : Sentiments
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Dimanche 19 mars 2006

Hier, nous étions samedi et j'ai vu deux amis. Quoi d'original de voir ses amis un samedi soir, me direz-vous? Je vous répondrai tout simplement que ces amis, je ne les ai pas vu depuis neuf mois.

Revenons une sixaine d'année plus tôt. Classes Préparatoires aux Grandes Ecoles. Je suis en collocation avec un de mes meilleurs amis (Guillaume pour ne pas le citer). Nous sommes dans deux écoles séparées mais préparons les mêmes études. Tout se passe pour le mieux et je lui consacrerai certainement un article pour vous montrer en quoi, il m'a beaucoup aidé.

Expatrié dans une classe où la compétition, le travail est à son maximum, j'ai du mal à me faire des amis. Des copains, des connaissances, oui, mais des amis, non. Alors, ce sont les amis de Guillaume qui sont devenus mes amis. Et parmi eux: Julie et Charles.

A cause des études, Julie et Charles sont à Grenoble maintenant. Vous allez me dire: "Super, ca fait un bon pied à terre pour le ski!". Seulement, la réalité est toute autre et ces deux-là me manquent. Je ne les vois pas souvent... Trop peu.

Alors, les deux très petites heures où j'ai pu les voir ce week-end m'ont fait du bien. Nous n'avons pas évoqués de grands sujets de discussions, de grands débats comme nous avions coutume de le faire quand nous nous voyions tous les jours, mais nous avons parlé tout simplement. Et tout revient si naturellement.

Ce n'est pas facile d'avoir ses amis si loin, pas aisé de garder les contacts. Mais ce plaisir à se voir quelques quarts d'heure dans un coup de vent normand, finalement, ça doit être ça, l'Amitié.

par ma2thieu publié dans : Sentiments
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