La colocation est en vogue. De nombreuses petites annonces fleurissent au printemps dans le but de partager un appartement à la rentrée. Ce n'est rien d'autre qu'une conséquence logique au prix prohibitifs des loyers. La colocation est même devenu un marché et des sites spécialisés naissent sur la toile.J'ai été en colocation pendant mes deux années de maths sup/spé. La décision a été prise très rapidement. Guillaume (c'est son prénom) avait peur d'être envoyé des logements tenus par des religieux et trouva comme autres alternatives la colocation. Il m'a demandé, j'ai accepté. En 24 heures, le temps d'avoir l'accord des parents respectifs, et l'affaire était close.
Alors, bien sûr, dans l'optimisme post-bâchelier, je n'avais envisagé les possibles difficultés. Car la colocation peut tout aussi bien être une grande réussite, qu'un échec et si, c'est le cas, c'est un véritable enfer à vivre tous les jours.
Mais non, pour moi, cela a été:
- Des frais bien moindres. Avec un grand appartement F3 pour un loyer modéré par sa division (des amis vivaient dans des apparts riquiquis pour des loyers plus élevés). Ceci nous permettait d'avoir une chambre chacun et un salon pour recevoir les amis!
- La rencontre avec des amis. Nous étions dans prépas séparées. Dans la mienne, l'ambiance n'était pas bonne. Dans la sienne, elle était excellente! J'ai pu découvrir des personnes comme Julie et Charles ou Manou et Fabien.
- Des discussions interminables tout simplement sur nos journées ou sur des sujets bien plus philosophiques (les filles, le célibat... :D). Du frisbee, des parties de foot mémorables dans le couloir entre nos chambres (1m sur 2m) avec ma spécialité: l'explosion de l'ampoule centrale.
- De l'entraide pour le travail, des citations de grands auteurs fixées au plafond de notre salon, des cours de philo et d'anglais collées sur les murs des toilettes.
- Et tellement d'autres choses...
Ce qui est certain, c'est que je n'aurai pas réussi ma prépa sans cette forme de logement. Nous étions très complémentaires et très différents: moi trop travailleur et lui assez fainéant. Je le poussais à travailler, il me forçait à me décontracter. Sans lui, j'aurais certainement cédé sous la pression de la maths sup. J'aurais craqué et je crois que j'aurais eu du mal à supporter l'ambiance délétère que je ressentais en allant en cours.
Cette expérience a été très réussie. Et me retrouver seul dans mon appartement par la suite (Guillaume est parti sur Paris) a été très dur.
Vous avez été tenté par la colocation?

C'est bête de penser ça, si la mort faisait une selection de ses élus, on le saurait.
Hier, nous étions samedi et j'ai vu deux amis. Quoi d'original de voir ses amis un samedi soir, me direz-vous? Je vous répondrai tout simplement que ces amis, je ne les ai pas vu depuis neuf mois.
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